vendredi 3 juillet 2009

La mortalité maternelle, une catastrophe des droits humains

Le droit à la norme de santé la plus élevée – accessible – n’est pas le plus à la mode parmi les droits humains; mais les limites à la jouissance des gens de leur droit à la santé coïncident souvent avec des inégalités constantes dernière des déclarations de croissance économique ou de réforme politique.

La qualité de la vie des femmes et des enfants – notamment les femmes pauvres, les femmes rurales, et les femmes issues des minorités ethniques et indigènes – est une importante mesure de changement réel pour les gens les plus vulnérables au monde. Au cours du mois de juin, les droits de la santé sexuelle et de la reproduction des femmes ont bénéficié d’une certaine attention opportune.

"Sur les 500.000 décès maternels qui se produisent annuellement à travers le monde, plus de 250.000 surviennent en Afrique. Les femmes enceintes en Afrique courent un risque sérieux", a déclaré Soyata Maïga à la 11ème Session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. "En outre, il y a beaucoup de pays en guerre en Afrique, ce qui aggrave le risque des femmes enceintes, avec des centaines de milliers de femmes mourant chaque année".

Maïga, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des femmes en Afrique, a ajouté: "Des pratiques socioculturelles telles que le mariage précoce, la grossesse précoce, les violences, la mutilation génitale féminine, la marginalisation dans les prises de décisions par rapport aux questions qui concernent les femmes, la faible position des femmes dans la famille africaine, et le fait que les femmes ne soient pas rendues capables ou ne soient pas autorisées à planifier leurs grossesses – chacun de ces facteurs conduit à la mortalité maternelle, un problème qui peut être réglé et évité si nous l’abordons comme une question des droits humains".

Les façons dont les niveaux élevés soutenus de la mortalité maternelle proviennent d’un déni des droits, étaient également le thème central d’une conférence tenue à Bruxelles à la fin du mois de mai pour examiner les progrès effectués depuis la Conférence internationale sur la population et le développement au Caire. La conférence de 1994 était un grand tournant en termes d’apport d’une approche basée sur les droits au contrôle de la population et à la santé sexuelle et de la reproduction des femmes.

A Bruxelles, Indu Capoor, directrice exécutive du Centre indien pour l’éducation pour la santé, la formation et la sensibilisation sur la nutrition, a partagé l’anecdote suivante, retraçant la façon dont la pauvreté condamne des millions de femmes à une cascade de dénis de leurs droits fondamentaux avant que la mortalité maternelle ne mette fin aux vies appauvries.

"De quel type de droits humains pouvez-vous [parler à] Lakshmi, une fille de 13 ans forcée dans le mariage parce que ses parents étaient pauvres? Elle a été mariée à un garçon vivant dans un village voisin. Elle est tombée enceinte immédiatement, parce qu’elle devrait prouver sa fécondité".

Les femmes pauvres sont systématiquement privées de leurs droits à l’éducation, aux soins de santé adéquats et accessibles, ou à faire des choix de planning familial et à contrôler leur sexualité – de multiples inégalités qui réduisent trop souvent leurs perspectives d’avenir à zéro.

"Etant à la fois pauvre et jeune, elle n’a aucun accès à l’argent, à l’information ou aux services de santé tels que les contrôles prénataux. Comme elle a été pauvre durant toute sa vie, elle était gravement anémique. Elle avait accouché d’un enfant prématuré de cinq mois", poursuit Capoor, "et le bébé n’a pas survécu. Elle a, elle-même, souffert d’un saignement excessif et à cause de son état anémique, elle est décédée peu après".

En moyenne, une femme ailleurs sur la planète meurt pendant l’accouchement toutes les minutes. Trois quarts de ces décès sont évitables.

"La mortalité maternelle est une question de droits humains. Souligner le refus systématique de prévenir le décès maternel c’est, selon des circonstances spécifiques, le déni du droit à la santé, à l’égalité et à la non-discrimination, à l’autodétermination dans la reproduction et à l’avantage des progrès scientifiques", a affirmé Ariel Frisancho de l’Initiative internationale sur la mortalité maternelle comme un droit humain.

Les estimations mondiales les plus récentes de décès pendant l’accouchement – les chiffres de 2005 publiés conjointement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et la Banque mondiale – montrent des progrès limités.

De 1990 à 2005, la mortalité maternelle a baissé de 26 pour cent en Amérique latine; en Asie, la baisse était de 20 pour cent au cours de la même période. En Afrique, la baisse était moins d’un pour cent, de 830 pour 100.000 naissances vivantes à 820 – environ 276.000 femmes africaines sont mortes de complications liées à la grossesse en 2005.

S’exprimant, comme Maïga, dans le groupe d’experts du Conseil des droits de l’Homme, Frisancho a expliqué que la majorité de ces décès sont le résultat de ce que les activistes décrivent comme les Cinq retards.

"Un, le temps qu’il faut pour reconnaître qu’une femme est confrontée à un problème de santé de vie ou de mort; deux, le temps de prise de décision pour solliciter des services; trois, la durée du parcours pour bénéficier des services; quatre, le retard pour bénéficier des services dès l’arrivée au centre de santé; et cinq, le retard politique de la part des gouvernements et des bailleurs pour régler efficacement la question de la mortalité maternelle".

Certains programmes qui répondent à ce besoin sont en place, mais ils nécessitent un financement et un soutien plus grands des gouvernements.

Au Pérou, le pays natal de Frisancho, des organisations non gouvernementales ont constaté qu’en plus des problèmes courants de distance, de coût et du manque de personnel, les femmes indigènes, dans le district d’Ayacucho, n’ont pas confiance aux centres de santé publics.

Des consultations avec la communauté ont conduit à l’adoption des soins prénataux et postnataux ainsi que la délivrance dans de nouveaux centres d’accouchement - gratuits - pour les rendre plus culturellement sensibles – y compris les accoucheuses qui parlent le Quechua, des équipements pour les femmes afin qu’elles accouchent debout si elles le souhaitent, et des dispositions pour qu’un membre de famille reçoive le placenta conformément aux traditions locales.

En Afrique occidentale et centrale, un projet dirigé conjointement par l’UNICEF et l’USAID à Kaedi, en Mauritanie, et à Ngaoundéré, au Cameroun, a formé plusieurs douzaines de médecins, de sages-femmes et d’assistants, et a doté les centres de santé des villes d’un nouvel équipement.

La formation pour une meilleure communication, la gestion du travail et la prévention de l’infection ont amélioré la santé maternelle, et des agents de santé communautaires ont été déployés pour sensibiliser sur les signes d’alerte en cas de complications de la grossesse, afin que les femmes et leurs proches n’attendent pas trop longtemps avant de solliciter les soins d’urgence.

Dans l’Etat de Uttar Pradesh, en Inde, l’ONG de défense des droits, SAHAYOG, a mobilisé des milliers de femmes pauvres pour soumettre aux décideurs des questions de soins maternels et d’autres violations des droits humains. Les femmes ont formé le 'Mahila Swasthya Adhikar Manch' (en Hindi: Forum des droits des femmes à la santé), qui vise à permettre aux femmes marginalisées de gagner une voix dans l’élaboration des politiques afin de réduire les taux élevés de mortalité maternelle dans cet Etat.

La vision d’une approche basée sur les droits pour réduire la mortalité maternelle existe depuis plus de 15 ans; ce qu’il faut, ce sont des actions diverses à grande échelle pour la mettre en pratique.

Le 17 juin, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a adopté une résolution reconnaissant que la mortalité maternelle évitable est une violation des droits de la femme à la vie, à la santé, à la dignité, à l’éducation et à l’information. On espère que cela constituera un outil permettant aux femmes de faire pression pour une responsabilité plus grande.

"Un changement durable, substantiel ne sera réalisé que si les pauvres ont une implication plus grande dans l’élaboration de politiques et pratiques de santé", a déclaré Frisancho. Cette vision existe depuis plus de 15 ans, mais développer des actions comme celles-ci est la clé pour réduire la mortalité maternelle.


Analyse de Rosemary Okello et de Terna Gyuse

SOURCE: http://www.africatime.com/burkina/nouv_pana.asp?no_nouvelle=466684&no_categorie=2

samedi 27 juin 2009

SE JOINDRE À MONT ALEDJO INTERNATIONAL (M.A.I.N.)

MONT ALEDJO INTERNATIONAL (M.A.I.N.)s'investit dans la construction et dans la réalisation de projets intersectoriels ciblant les publics fragilisés.

Dans le cadre de projets où s'articulent la prévention et la promotion de la santé, nous sommes le trait d'union entre les travailleurs de terrain et les différents partenaires pour maximiser la communication et le bon déroulement des réalisations. Tout partenariat se fait sur base d'une convention de collaboration et LE RESPECT MUTUEL DES PARTIES.

Nous développons des projets de recherche-actions ayant pour objectifs de :
. mieux connaître notre public-cible;
. développer des méthodes de travail avec les po;ulations cibles;
. mettre au point des méthodes d'évaluation de nos actions;
. assurer les actions et leur évaluation;
. une conceptualisation du travail de terrain et une thésaurisation de nos
réalisations.

Pour mieux connaitre MONT ALEDJO INTERNATIONAL (M.A.I.N.)

http://montaledjointernational.blogspot.com/



ou Écrire à :

mont.aledjo@gmail.com

samedi 6 juin 2009

CAMEROUN: JOURNEE MONDIALE SANS TABAC 2009






Le 30 mai 2009, s’est tenu dans la Salle des Conférence de l’Hôtel SOMATEL (Montée Aurore de Yaoundé) un atelier de renforcement des capacités des jeunes en matière de lutte contre le tabac et de vulgarisation de la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac. Cet atelier a été organisé ave l'appui de la FCA (Framework Convention Alliance). Prenaient part à cet atelier :
- 60 jeunes de 12 ans à 22 ans venant de plusieurs établissements scolaires de la ville de Yaoundé et de Foumban. Nous avions parmi ces jeunes le Maire Juvénile de Yaoundé VII ainsi que 2 Conseillers Municipaux juvéniles ;
- 4 professeurs de Lycées et Collèges ;
- 1 médecin, le Dr NJOUMEMI Zakariaou qui est le responsable du projet ATSA Cameroun.
Les encadreurs qui ont animé cet atelier étaient :
- Monsieur Daniel SIBETCHEU, Directeur de la Promotion de la Santé au Ministère de la Santé Publique et Point Focal pour la lutte antitabac ;
- Dr MOULION TAPOUH, Médecin de Santé Publique à l’Hôpital Régional d’Ebolowa ;
- Dr ESSAKA DINH Emmanuel ; Médecin et Coordonnateur de projet à la Croix Rouge Camerounaise.
- Mlle Susie MBOUANGOUORE, Présidente de l’Association Life.
L’atelier prévu pour commencer à 8h15 minutes a finalement commencé à 9h15 minutes. Il y avait au programme 4 sessions portant sur les thèmes suivants :
- Les méfaits du tabac sur la santé : Ce thème a été développé par le Dr MOULION. Ici ont été abordé tour à tour les constituants du tabac, les maladies liées à l’usage du tabac (les cancers, les maladies des os, les gangrènes etc) , les maladies sexospécifiques du tabagisme (l’impuissance masculine, l’infertilité de la femme, les cancers du sein, le faible poids de l’enfant à la naissance et la mort subite du nourrisson), le phénomène de l’addiction(la nicotine étant un puissant psychotrope) et les difficultés liées au sevrage tabagique.
- La lutte antitabac au Cameroun : Thème développé par Monsieur SIBETCHEU. Les statistiques sur le tabagisme ont été abordées. Il ressort du dernier Global Youths Tobacco Survey que 17% des jeunes camerounais sont des fumeurs et que la grande majorité se retrouve dans la tranche d’âge 17-18 ans. Les raisons qui poussent les jeunes à fumer ce sont essentiellement l’imitation, l’envie de paraître branché et cool.
- Le tabac, Environnement et Economie : thème développé par le Dr ESSAKA, qui reprenait les effets dévastateurs de la culture du tabac sur l’environnement. L’équivalent de 100 000 terrains de Football sont détruits chaque année pour planter et faire sécher les feuilles de tabac. Les conséquences de cette déforestation sont l’érosion des sols, les inondations, la disparition des espèces animales. La cigarette est aussi la première cause des incendies involontaires et des feux de brousse. Sur le plan économique, la consommation du tabac met à mal l’économie familiale, car l’argent qui est dépensé pour acheter les produits du tabac et par la suite pour soigner les maladies du tabac aurait pu être utilisé pour améliorer l’alimentation des enfants.
- Les manœuvres de l’industrie du tabac : thème développé par la présidente de Life. Celle-ci a parlé longuement des mensonges de l’industrie du tabac qui fabrique et commercialise des produits qu’elle sait nocifs pour la santé. Le marketing agressif de l’industrie à travers le sponsoring d’évènements sportifs et musicaux regroupant des jeunes, la distribution gratuite des gadgets.
Comme support à cet atelier, un document intitulé « NOTIONS DE BASE POUR LA LUTTE ANTITABAC AU CAMEROUN » a été produit par l’Association Life. Ce document qui regroupe les informations essentielles et les informations sur la Convention Cadre de l’Oms pour la Lutte Antitabac a été offert à tous les participants afin qu’ils puissent s’en inspirer pour sensibiliser leur entourage. Des affiches quadri ont également été distribuées aux participants. Une évaluation a été faite à la fin de l’atelier, et l’on peut dire que les objectifs prévus ont été atteints. Nous avons réussi à susciter chez ces jeunes le désir de se battre pour une génération présente et future sans tabac. Tous ont manifesté le désir de devenir pairs éducateurs.
Cet atelier organisé en prélude à la Journée Mondiale Sans Tabac, commémorée le 31 mai (sous le thème : les avertissements sanitaires en image) a connu un franc succès et n’est que le premier d’une longue série, car nous comptons avoir dans un proche avenir un nombre de jeunes capables d’informer leur entourage familial et scolaire sur ce nouveau fléau qu’est le tabagisme. Le mot d’ordre à la fin de cet atelier était : « choisissez de ne jamais commencer, soyons une génération 100% sans tabac »

lundi 1 juin 2009

Qu'a apporté la Fondation Gates à la santé du monde?


Pour répondre à cette question, on peut dire beaucoup de choses, mais:

L'impulsion massive en financement donnée par la Fondation Bill Melinda
Gates depuis sa création en 1984 est étonnante. Le niveau de financement de
l'ordre de 3 milliards de dollars US annuels a poussé le monde à voir grand
et à être plus ambitieux à propos de ce qui peut être fait pour sauver des
vies dans les pays à bas revenus. La Fondation Gates a amené une dynamique
nouvelle et un intérêt pour la santé mondiale. En particulier, la Fondation
a inauguré une nouvelle ère importante d'engagements scientifiques à propos
des difficultés de la santé du monde. Ainsi, d'autres institutions bien
établies comme le US National Institutes of Health prend maintenant ses
responsabilités bien plus sérieusement grâce au plaidoyer énergique de la
Fondation. Il est possible que le plus important est le profond engagement
politique en santé que la Fondation a encouragé.

Nombreux sont les succès attribuables à la Fondation. L'Alliance Globale
pour la Vaccination et l'Immunisation qui a reçu un don initial de 750
millions de dollars US en 1999, a été la plus importante contribution d'un
donateur seul à ce jour. A cela, on peut ajouter l'investissement de la
Fondation dans l'Institut d'Evaluation et de Mesures de la Santé basé à
Seattle, qui, au cours de sa courte vie, a marqué d'un impact certain la
réflexion et la politique internationales, agissant comme un moniteur
scientifique indépendant de valeur des programmes de santé du monde.

Cependant, hors des questions sur ses investissements, la Fondation a reçu
peu d'analyses extérieures de son action. L'an dernier Devi Sridhar and
Rajaie Batniji ont rapporté que la Fondation a accordé la plupart de ses dons à des pays de revenus élevés. Ses dons pour la malaria et le SIDA connaissent des biais importants, alors que la tuberculose, la santé maternelle et infantile ont reçu peu d'investissements, la nutrition avec des maladies chroniques étant totalement absente de son portefeuille. Dans le Lancet de ce jour, David McCoy et al ajoute à cet état de fait en évaluant les dons de la Fondation pour les années 1998 - 2007. Leur étude montre encore plus fermement que les dons de la Fondation ne sont pas en rapport du poids supporté par les plus pauvres. Dans son commentaire, Robert Black et al s'alarment de la faible corrélation entre les dons de la Fondation et les priorités en santé des enfants.

L'inquiétude exprimée par nombre d'experts ayant travaillé longtemps dans
les pays de faibles revenus est que les grands programmes de santé sont
perturbés par les impressionnants dons de la Fondation. Ainsi, se focaliser
sur la malaria dans les zones où d'autres maladies sont plus dangereuses est
la source d'incitations perverses et dangereuses pour les politiciens, les
décideurs et les personnels de la santé. Dans certains pays les précieuses
ressources de la Fondation sont gaspillées et détournées de besoins plus
urgents.

La transparence des activités de la Fondation est aussi une autre cause
d'inquiétude. Quels sont les plans futurs de la Fondation? Il est difficile
d'en être certain. Le principe de base qui détermine toute décision est que
tout est mené en fonction des intérêts et de la passion de la famille Gates.
Une lettre annuelle de Bill Gates résume ses passions, en se référant à des
articles de presse, à des livres, et à des événements apparus au hasard qui
ont dessiné la stratégie de la Fondation. Un investisseur aussi grand et
influent dans la santé peut-il se contenter de principes de gouvernances
aussi erratiques? De quels conseils la Fondation s'est-elle entourée pour
prendre s Fondation a la
réputation de ne pas même écouter ses amis.. Bien qu'elle soit menée par la
croyance que toutes les vies ont la même valeur, il semble que la Fondation
ne croie pas que chaque voix est de valeur égale, en particulier celles de
ceux qu'elle souhaite le plus aider.

Nous faisons cinq modestes propositions à la Fondation. En premier,
améliorez la gouvernance. Clairement, impliquez des leaders divers avec une
expérience en santé globale dans votre service stratégique et opérationnel.
En second, soyez plus transparent et responsable dans votre processus de
décision. Expliquez votre stratégie ouvertement et modifiez la à la lumière
de preuves et d'avis. Troisièmement; préparez un plan de donations plus en
ligne avec le poids de la prévalence des maladies, tenant plus compte des
besoins de ceux qui souffrent le plus. Quatrièmement, investissez plus dans
les systèmes de la santé et la capacité de recherches des pays à bas
revenus, pour laisser une empreinte marquée de votre engagement. Enfin,
écoutez et préparez-vous à vous engager avec vos amis. Le Lancet est désolé
de voir que vous avez décliné l'invitation qui vous a été faite de répondre
au papier de McCoy et al, tout autant que d'informer de la vision de votre
rôle dans la santé du monde.

La Fondation Gates a déclaré être prête à revoir ses principes pendant
qu'elle grandit et en apprend plus sur son travail. Nous sommes à un point
d'inflexion de l'histoire de la Fondation, un moment où il faut envisager
des changements.

The Lancet

PARU IN:
healthnet.org/mailman/listinfo/e-med

dimanche 31 mai 2009

Atelier de renforcement des capacités et de vulgarisation de la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti Tabac


COMMUNIQUE DE PRESSE

Le tabagisme est devenu un problème majeur de société en Occident, mais aussi et surtout en Afrique. Suivant les statistiques de l’OMS, 5 Millions de personnes décèdent chaque année de suite d’une maladie liée au tabagisme, et d’ici 2020 si rien n’est fait plus de la majorité de ces victimes se trouveront dans les pays en voie de développement. Le tabagisme constitue la première cause de mortalité évitable et le tabac est le seul produit de consommation courante qui tue celui qui le consomme. Il devient donc urgent que des mesures soient prises pour enrayer ce fléau.

Au Cameroun, des textes sont adoptés pour réglementer la vente, la publicité sur les produits du tabac. Mais cela n’est pas suffisant, un travail de fond doit être fait pour un changement de mentalités et ce travail doit commencer avec les jeunes scolaires.

L’Association Life, dans le cadre de ses activités projette de travailler avec des jeunes et d’en faire des pairs éducateurs pour leurs semblables. Aussi, elle organise le 30 mai 2009, un premier atelier de renforcement des capacités et de vulgarisation de la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti Tabac. Il s’agira pendant cette rencontre de donner à ces jeunes (12 à 20 ans) les outils nécessaires et une formation adéquate pour qu’ils puissent répercuter le message dans leur environnement scolaire et familial. Les thèmes suivants seront abordés : les méfaits du tabac sur la santé, l’impact sur l’économie et l’environnement, les aspects de la lutte antitabac au Cameroun et les difficultés..

Un livret intitulé : « Notions de base pour la lutte antitabac au Cameroun » et des affiches ont été produits en grande quantité pour une sensibilisation de masse.

Susie De Larosière MBOUANGOUORE

larosiereorama@googlemail.com

Présidente

mardi 26 mai 2009

Sénégal: ruée sur les crèmes éclaircissantes, dangereuses et en vente libre

DAKAR - Les crèmes éclaircissantes pour la peau, à base de corticoïdes et
d'agents dépigmentants très puissants, n'ont jamais eu autant de succès sur
les marchés du Sénégal où elles s'exposent en vente libre, malgré leur
dangerosité avérée.

Dans son cabinet de l'hôpital Aristide Le Dantec, à Dakar, la dermatologue
Suzanne Oumou Niang s'alarme de voir que "leur utilisation est en
augmentation constante depuis une dizaine d'années".

"Ces crèmes sont en vente libre alors qu'elles ne devraient être livrées que
par ordonnance et pour des affections dermatologiques! Certains corticoïdes
n'ont même pas l'autorisation de vente dans les pharmacies", souligne le Pr.
Niang.

Dans le service où elle exerce, "60% des cas d'infections sévères et
profondes de la peau sont liés à l'application de produits de
dépigmentation".

Pour elle comme pour bien d'autres médecins dakarois, cette vogue est
devenue "un vrai problème de santé publique".

Dans les échoppes du marché Sandaga, en plein centre de la capitale
sénégalaise, ce sont des cartons entiers de crèmes "Clair and White",
"X-White" ou "L'Abidjannaise" que les marchands disent écouler
quotidiennement.

Les flacons se vendent de 500 CFA à 25.000 CFA (0,75 à 38 euros), les moins
chers étant importés de Côte d'Ivoire, du Mali ou fabriqués au Sénégal.

Sur les étiquettes, le taux d'hydroquinone - dépigmentant interdit dans
l'Union Européenne depuis 2001 - est officiellement de 2%.

En vérité, confesse un vendeur, "sur beaucoup de produits, le taux indiqué
n'est pas le bon. Il est plutôt de 5%".

Depuis quatre mois, Mounass, 21 ans, s'enduit de ces produits deux fois par
jour.

Parce qu'elle estime que "les hommes préfèrent les femmes à la peau claire",
elle peut dépenser 40.000 FCFA (61 euros) par mois pour sa dépigmentation,
soit l'équivalent du salaire minimum.

En dépit de tous les avertissements, la jeune femme assure ignorer les
dangers de ces produits.

Les patientes que le Pr. Niang voit défiler à l'hôpital ont de l'acné, des
tâches noires, des vergetures, des abcès. Deux cas de cancers de la peau
spécifiquement dus à l'utilisation de crèmes éclaircissantes ont même été
recensés ces quatre dernières années.

"Le risque de décès est surtout lié aux infections sévères de la peau,
principalement dues au corticoïdes, qui peuvent se généraliser"
(septicémie), explique la dermatologue.

L'utilisation de corticoïdes peut également engendrer hypertension et
diabète.

Et une étude effectuée en 2006 à la maternité de l'Institut d'hygiène
sociale de Dakar a montré que les femmes utilisant des corticoïdes à
outrance accouchaient d'enfants d'un poids plus faible que la moyenne des
bébés, selon la dermatologue Fatimata Ly, présidente de l'Association
internationale d'information sur la dépigmentation artificielle (Aiida)
créée en 2002.

Chaque soir, pendant 20 ans, Mme Diop s'est appliquée de tels produits
éclaircissants, jusqu'au jour où des taches noires sont apparues sur sa
peau. "Pour pouvoir arrêter, j'ai été aidée par un ami qui m'a soutenue.
Sans lui cela aurait été difficile", raconte cette femme de 50 ans.

Selon les médecins, l'utilisation des produits de dépigmentation finit par
provoquer une sorte de "dépendance psychologique". "Les femmes ont
l'impression que si elles ne s'en servent plus, elles ne seront plus les
mêmes", constate le Pr. Niang.

Durant l'été, l'Aiida organisera à Dakar une journée de consultations
gratuites et des séances de prévention.

(©AFP / 23 mai 2009 06h10
)

AFRIQUE EN SANTÉ