mercredi 30 avril 2008

Sénégal: Marché illicite du médicament, cambriolages - les pharmaciens baissent rideau

Pour lutter contre la contrefaçon, les agressions dont ils sont de plus en plus victimes, les pharmaciens privés du Sénégal baissent rideau aujourd'hui de 8h à 15h sur l'ensemble du pays. Ils entendent ainsi alerter les autorités publiques et les populations sur l'ampleur de la vente illicite de médicaments et la recrudescence des cas de cambriolage.

« Cette situation est inadmissible et inacceptable dans un pays de droit ». Ce propos du président du syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, le Dr Aboubakrine Sarr, traduit toute l'inquiétude, l'incertitude qui entoure le devenir du médicament et de la profession de pharmacien au Sénégal. Cela, face à la prolifération de la vente illicite de médicaments, mais aussi de la multiplication des cambriolages des officines de pharmacie. « Cet acte est posé dans le but d'amener les pouvoirs publics à être mieux informés de la situation dangereuse du médicament dans le pays pour chercher avec les responsables de la profession à y apporter des solutions urgentes », a expliqué hier le Dr Sarr lors d'une conférence de presse. Cet arrêt momentané de travail sera suivi d'un port du brassard rouge durant toute la semaine de sensibilisation et d'information au mois de mai de chaque année sur les dangers du médicament de la rue.


« A plusieurs reprises, les autorités ont été saisies de la question et sur l'urgence des actes à poser et des actions à mener », remarque Dr Aboubakrine Sarr.

« Nous devons veiller à ce que des médicaments produits légalement et qui entrent dans ce pays soient des produits sécurisés », suggère-t-il. Car, insiste le Dr Sarr, « le médicament soigne, soulage, prévient la maladie, prolonge la durée de la vie, mais peut s'avérer aussi une substance à risque ».

Dès lors, le pharmacien engage sa responsabilité sur chaque prescription médicale et garantit le malade de toute mauvaise utilisation des spécialités prescrites. Ainsi, « le pharmacien d'officine transmet de précieux renseignements et met en place des actions face aux produits qui se révèlent présenter un risque pour le public », souligne le président du syndicat des pharmaciens du Sénégal. « Le client ou le patient est aussi un consommateur, observe le Dr Aboubakrine Sarr, un consommateur de santé donc l'officine doit prendre les devants en garantissant non seulement des produits de qualité, mais surtout un service de qualité ».

En effet, le médicament fait l'objet de plusieurs convoitises et manipulations illégales qui l'exposent ainsi à de multiples malversations telles que : la contrefaçon, l'importation frauduleuse, les cambriolages multiples et récurrents.

A titre d'exemple, entre août 2005 et décembre 2006, 36 officines ont été cambriolées. De janvier à décembre 2007, 22 pharmacies visitées par des malfaiteurs. Et de janvier à avril 2008, 12 pharmacies ont subi le même sort.

Les pertes se chiffrent entre 1 et 5 millions de FCfa, d'après quelques témoignages de pharmaciens victimes de cambriolages.

« Nous allons faire bouger les choses », avertit le président du syndicat des pharmaciens privés du Sénégal. Dans ce sens, « une demande d'audience a été adressée au président de la République Abdoulaye Wade pour la convocation urgente d'un conseil interministériel définissant les axes de réflexion pour une action synergique et efficace contre ces deux fléaux : le marché illicite du médicament et les cambriolages des officines.

Source : Le Soleil (Dakar)

30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

Aucun commentaire:

AFRIQUE EN SANTÉ